(title inspired by Louise Attaque : depuis toujours- à plus tard crocodile)
Ecrire pour rien. Parce qu'on a rien de mieux à faire. Parce que sortir ce soir pour le moment pèse un peu trop lourd. Mais pourquoi pas après tout.
Il se passe vraiment des trucs bizarres dans l'immeuble d'à côté depuis ce matin! Et je ne saurai absolument pas vous dire quoi...!
L'infranchissable rupture de la ligne d'éphèmère intangibilité de la réalité se dresse de droite à gauche et de gauche entre nous et le monde. Pas une lézarde pour éloigner de là la fatalité qui plane au dessus de nos têtes et nous englobe tout en même temps dans la sphère bien nette mais déjà usée de la terre. Et au delà même du monde sur lequel chaque jour se lève le soleil à grande eau, trempant tout à la fois le ciel et le coeur des hommes de ses larmes lourdes de rosée, on trouve une fourmilière gigantesque de points lumineux qui, vu d'ici, ne paraissent rien et sont pourtant infiniment plus grands que nous. Le mystère vient de là et de l'impossibilité de voir surgir hors de nous-même une idée plausible et acceptable. Ainsi tous les autres cerveaux même les plus proches de nous sont déjà trop éloignés pour la compréhension mutuelle. L'amour dans un tel monde est, on le pense bien, du registre de l'impensable et pourtant les êtres humains acharnés dans leurs entêtements quotidiens tendent, tant bien que mal, à prouver le contraire : pour ceux qui les contemplent du haut d'un orgueil totalement inadapté et puéril ils apparaissent dans le plus simple des ridicules. L'éternité de la conscience n'ayant pas encore été prouvé nous avons tout le temps pour la faire disparaître. Et puis de loin en loin on commence à se taire et c'est sur terre comme un début d'intelligence, mais il faudra du temps avant de voir les gens comprendre ce qu'est réellement l'amour et enfin cesser de s'entre déchirrer pour simplement se sourire.
Et sans un mot par pitié!
En haut de la Tokyo Tower les japonais ont traduit le paysage en braille, pour que les aveugles aussi puisse profiter de la vue. C'est très japonais.
Et cesser là de respirer, comme sonne l'heure, s'en aller sans regret vers ailleurs. Toujours plus loin, disparaître un jour pour que plus rien ne recommence. Surtout pas la jalousie des garçons et leurs propos horribles dont rien ne peut nous laver.
Un homme ne sauvera jamais une femme. Et à partir de là il est déjà trop tard pour croire un seul d'entre eux. Moi je n'en peux plus.
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