dimanche 3 août 2008

Des cafards et des hommes.

J'ai marché longtemps le ventre vide; à vrai dire je n'avais rien mangé depuis mon retour de Shinjuku ce matin à 10heures. Et je suis allée me perdre dans les ruelles des beaux quartiers d'Harajuku, où les maisons sont d'immenses architectures à l'occidentale et où les terrasses des restaurants sont ornées de guirlandes lumineuses.

Ici il va bien falloir que je change de prénom et d'âge. De prénom parce que le mien personne n'est capable de le prononcer correctement et que Anna (pour Anne et Nana) c'est plus simple pour les japonais; d'âge parce qu'une demoiselle de 19 ans au Japon ne dit pas son âge la nuit. Alors j'aurais 21 ans, comme ils ne savent pas me donner d'âge, et que je ne sais pas tellement leur en donner non plus, ce n'est pas grave.
J'aimerai bien restée encore longtemps dans cette chaleur tamisée de vent, dans ce vent qui éloigne par moment la chaleur.
En remontant les grandes rues tout à l'heure il y avait, à intervalles réguliers, le souffle glacial de la clim' contre mes jambes nues; il va être temps d'acheter éventail et serviette avant d'avoir fondu.
Il est minuit et je voudrais retourner dans cette folie nocturne qui obnubile Tokyo. Descendre au hasard le long des rues et attendre de voir qui l'on croisera, ce qui se passera. Et goûter de nouveau à l'ivresse qui nous fait tout oser.

En rentrant enfin après m'être égarée longtemps dans un Tokyo tranquille et surprenant, j'ai aperçu les semelles rouges des talons hauts d'une fille; et je me suis demandé si j'aurais un jour l'occasion de porter des Louboutin; les siennes étaient magnifiques.

Dernière nuit sous le ciel sans étoile de Tokyo; avant une semaine du moins; dernière nuit avec l'ordinateur à porter de mains aussi. Demain Hiroshima et un grand concert d'horreur et de beauté mêlées.

Ici aussi je traîne seule la nuit, ici aussi j'arrose mes veines de whisky, ici aussi je passe des journées sans manger... Ici aussi quand la nuit vient j'ai envie de pleurer.


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